Le mouvement

Dossier paru dans Les Plumes de LAIA n° 5, juin 2007

Il y a une chose qui rend les journées d’école longues et difficiles, c’est l’obligation d’adopter une seule et même posture : assis devant une table, sans bouger. Pourtant, l’enfant est mouvement par définition et l’on verra même que celui-ci est bénéfique à son développement. A travers témoignages, idées et réflexions, acceptons de rendre à l’enfant la liberté de mouvement dans ses apprentissages.

 

Le développement moteur de l’enfant
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La tâche de l’enfant dans son développement moteur peut être largement simplifiée lorsqu’il est instruit en famille, car on peut créer un environnement propice et faire des choix éducatifs qui vont favoriser son épanouissement sur ce plan-là. Il va alors trouver bénéfice à ne pas être contraint à rester assis de longues heures, à pouvoir gérer ses déplacements en fonction de ses besoins. On peut même, à certaines périodes du développement, exploiter ses nécessités naturelles de mouvement pour qu’il nous rende de menus services, comme aller chercher le dictionnaire, par exemple. Cela ne semble pas très instructif, mais répond à un besoin d’exercer son corps et à l’impossibilité de maintenir la station assise immobile trop longtemps ; en permettant à l’enfant de bouger, on le rend plus disponible pour les apprentissages.
A la maison, l’enfant n’accumule pas de tension du fait d’une immobilité subie et les décharges toniques s’ajouteront de façon moins intense à sa mobilité habituelle. Le mouvement, c’est la vie même, pourquoi faut-il demander aux enfants d’oublier la vie pour acquérir des savoirs ? On accepte largement que le jeune enfant soit un être moteur. Dès la naissance l’action le mène vers diverses acquisitions essentielles (la marche, la motricité fine…). Il est dans le faire, l’agir, dans l’action : manger seul, marcher, s’habiller, se laver… Son but est d’adapter ses capacités motrices. Et à cinq-six ans, l’immobilité dans l’attention est bien loin d’être acquise à cet âge où l’on exige d’eux de bien se tenir.
En instruction en famille, il peut ne pas y avoir d’obligation à se tenir assis immobile pendant une grande partie de la journée. Lorsque l’on propose des apprentissages formels à l’enfant, on peut expérimenter différents endroits de la maison pour s’installer. Dans notre famille, nous avons l’habitude de changer de lieu au gré des apprentissages, et de passer de la pièce spéciale où chacun a son bureau, à la table de la cuisine où nous sommes tous en rond, au salon où nous nous lovons les uns contre les autres sur le canapé, à la petite table du salon où nous sommes tous assis au ras du sol… A ajouter à cela toute la diversité posturale pour s’asseoir : normalement, en tailleur, les fesses sur les mollets… Et de changer autant de fois que nécessaire, en respectant bien les besoins de mouvement des enfants.
A la maison, il est possible pour l’enfant de s’installer comme il le souhaite : assis sur une chaise devant une table bien sûr, mais aussi allongé par terre, assis dans le canapé les livres sur les genoux, debout devant la table pour écrire (j’ai souvent retrouvé mes enfants comme cela pendant de longs moment), voire allongé sur deux chaises pour écouter une « leçon ». Ce qui n’est pas tolérable (et encore !) au sein d’un groupe important d’enfants, le devient à la maison au sein d’une fratrie. Je me suis souvent retrouvée, expliquant quelque chose à un de mes enfants rebondissant sur sa chaise un peu molle. J’avoue avoir souvent manqué de patience, toujours fortement déconcentrée et trop bien formatée pour voir la situation d’un œil détendu. Il m’est souvent arrivé de dire : « Ouh ! Je crois que je vais avoir le mal de mer à force de vous voir bouger ! » Force m’est de constater que c’est moi qui étais gênée, mais que cela n’atteint en aucun cas leurs capacités d’apprentissage, bien au contraire.
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Kristin Merlin-Leroy

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De mes années québécoises, j’ai ramené de nombreux curriculums US. L’un d’entre eux, Konos, a toujours beaucoup de succès avec mes trois garçons.

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Encadré :
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